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10 / La réserve de paracas

  • 10 oct. 2015
  • 2 min de lecture

TOMBO DE MORA > RESERVE DE PARACAS

le 10 octobre 2015 (+50 km)

Le réveil est magique, bercé par les bruits de l'océan, une brume épaisse a envahie la plaine et se laissera transpercée aux aurores par les premiers rayons du soleil, ambiance garantie ! Je reprend la direction du sud en empruntant le futur tronçon de la panaméricaine en construction. Piste facile à rouler, puis bitumée, je suis seul sur une autoroute en construction? puis je rejoins l'actuelle route qui est devenue une deux voies et étonnamment le trafic n'est pas si dense que ça. Je traverse la ville de Pisco et ses innombrables entreprises de farine animale d’où s'émanent des odeurs fortes. J'y découvre alors un métier insoupçonné : les balayeurs de la route ; équipée de simple balais et d'une souffleuse, une équipe est en charge de balayer le bitume du sable qui s'y dépose. Un travail harassant, interminable mais certainement nécessaire à l'entretien des voies de circulation.


Je me rapproche de Paracas, à quelques kilomètres à peine des côtes de la réserve naturelle, la baie est parsemée de stations de forage pétrolifère. Sous le soleil de plomb, le vent de face s’intensifie me clouant à 8 km/h sur du plat. C'est dur ! Entrée dans la réserve (10 soles), c'est un paysage lunaire qui m'accueille. Le désert côtier est magique, des falaises rouges surplombent un pacifique bleu nuit et pas si calme que ça ! Je plante ma tente à Lagunilla à côté de la maison des rangers du Parc, le tout avec vue sur le village de pécheurs et de sa baie. Sublime. Le soir des pécheurs sont venu tendre des filets entre les roches du bord de mer, ils passeront toute la nuit ici, coucher contre leur moto, avant de relever leurs prises au petit matin.


Aux aurores, le vent n'est plus qu'un vague souvenir et j'en profite pour m'avancer un peu et à pied dans le désert. Le décor reste spectaculaire, la lune domine les paysages, mais ce qui me frappe à nouveau c'est la pollution ! Incroyable, en pleine réserve naturelle, on retrouve de tout, les bouteilles en plastiques sont partout ; les sacs de déchets abandonnés volontairement sont à peine ensevelis ou volent au vent ; derrière une petite dune je découvre un tas de plaques d'amiante déposer ici par l'homme. De nombreuses carcasses d'oiseaux en décomposition jonchent le sol et laisse entrevoir dans leurs entrailles les restes in-digérés de plastique. Je n'arrive pas à me détacher de cette pollution permanente. Elle est partout et je me focalise dessus, c'est tellement lamentable, surtout dans une réserve naturelle.

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<<  Comparées à l'horizon grisâtre que j'avais en ligne de mire avant de faire le grand saut, les couleurs de mon avenir m'apparaissent plus riches et nuancées, [...] c'est à la fois effrayant et excitant cette ambiance de grande solitude et de démerde totale  >>   Nicolas Hulot "les chemins de traverses"

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